On doit pouvoir acheter un cheval en toute confiance. Malheureusement, ce n'est pas toujours le cas dans le monde équestre.
Qui sommes-nous? Guy et moi sommes actifs dans le monde du cheval depuis une cinquantaine d'années. À la retraite depuis environ deux ans, nous n'avons plus rien à prouver et n'avons certainement plus besoin de forcer quoi que ce soit. Ce que nous faisons, nous le faisons par passion. Les chevaux ont toujours fait partie de notre vie et y resteront – tant que notre santé nous le permettra. Ces Freibergers sont comme nos enfants.
Chez nous, l'objectif n'est pas de les vendre « à la va-vite ». Nous voulons que chaque cheval, avec sa personnalité propre, trouve le cavalier, le maître ou le meneur qui lui correspond. Nos chevaux doivent trouver un bon foyer et pouvoir y être « heureux ». Les Freibergers doivent pouvoir aller et venir librement. Ce sont des animaux d'extérieur. Ils ne sont pas faits pour passer toute la journée dans un box de 3 m sur 3 m et être sortis trois fois par semaine pendant une petite heure. Les Freibergers aiment beaucoup être avec les humains, ils sont intelligents et veulent travailler pour vous. C'est pour nous une condition sine qua nonsi vous souhaitez acheter un cheval chez nous.
Nous préférons que les chevaux restent chez nous quelque temps lorsqu'ils viennent de Suisse, afin d'avoir le temps de bien les connaître et de pouvoir expliquer en détail à une personne potentiellement intéressée comment l'animal se comporte.
Il arrive parfois que des clients nous recontactent après leur achat pour nous poser des questions supplémentaires, auxquelles nous répondons avec grand plaisir.
Si vous venez essayer un cheval chez nous, celui-ci vous sera d'abord présenté lors d'une petite séance d'essai, puis, après un entretien préliminaire autour d'une tasse de café ou de thé, nous déterminerons immédiatement si ce cheval en particulier convient ou non à la personne concernée.
Lorsque les clients demandent un examen, celui-ci peut être clinique et/ou radiologique. Étant donné que le vétérinaire du client ne peut pas se rendre immédiatement chez nous en raison de la distance et du temps nécessaire, nous faisons appel à notre vétérinaire, un homme qui possède de nombreuses années d'expérience avec les chevaux. Le client est tenu d'être présent lors de l'examen clinique. Si cela n'est pas possible, tout est filmé ou photographié. Un rapport est bien sûr établi par la suite. Quant aux radiographies, elles sont ensuite transmises au vétérinaire du client afin qu'il puisse obtenir immédiatement un deuxième avis.
Ce n'est que lorsque toutes les parties seront d'accord que nous pourrons procéder à la vente.
Si notre façon de travailler vous inspire confiance, n'hésitez pas à venir jeter un coup d'œil.
« Généalogie du cheval de Freiberg »… Le moment est enfin venu… Mon livre est sous presse…
Un guide pratique pour apprendre à lire le passeport de votre cheval de race Freiberger
Du passeport à la compréhension
Quand on ouvre le passeport d’un cheval de race Freiberg, on tombe rapidement sur des noms, des lettres et des abréviations. Ligne E, ligne H, ligne C, Vaillant, Imprévu, Chasseur… Pour beaucoup, ce ne sont que des informations isolées, alors qu’ensemble, elles racontent l’histoire du cheval qui se tient aujourd’hui devant vous.
Ce livre t'aide à apprendre à lire cette histoire étape par étape.
Loin d'être une simple énumération aride, cet ouvrage offre un aperçu clair et bien structuré qui permet de mettre de l'ordre dans un stud-book complexe. En mettant délibérément l'accent sur leslignées d'étalons (de père en fils), vous apprendrez à reconnaître des schémas et à établir des liens entre l'ascendance, le type et l'histoire.
Que retirerez-vous de ce livre ?
Comprendre la généalogie du cheval de Freiberg, sans connaissances préalables
Une explication claire des lignées paternelles (de père en fils)
Reconnaissance des lettres et des traits tels queE, H, C, L, N et Q
Contexte concernant les étalons clés qui ont façonné la race
Aperçu des tournants historiques, des croisements et de l'évolution des types
Des conseils pratiques pour apprendre à lire votre passeport et votre arbre généalogique
Schémas et figures permettant de visualiser des arborescences généalogiques complexes
Un ouvrage de référence à consulter en complément du passeport de votre cheval
À qui s'adresse ce livre ?
Ce livre s'adresse à tous ceux qui souhaitent mieux comprendre le cheval de Freiberg à travers son pedigree.
Pourles propriétaires de chevaux de race Freibergerqui souhaitent aller au-delà des noms et des lettres
Pourles passionnésqui s'intéressent à l'histoire de la race
Pourles éleveurs et les cultivateursqui souhaitent mieux cerner les lignées et les croisements
Pourles cavaliers et les meneursqui s'intéressent au lien entre l'ascendance et le type
Ce livre ne nécessite aucune connaissance préalable. Il se veut un guide accessible auquel vous pouvez vous référer à tout moment.
Informations pratiques
Format :livre
Disponible en néerlandais et en français
Bientôt disponible sur ce site, dans le menu BOOKSHOP
Nous pouvons à juste titre être fiers de la Belgique, ce pays des chevaux.
Au fil des ans, de nombreux éleveurs ont acquis une grande expérience, ce qui nous a valu une renommée mondiale.
Cela va du stud-book BWP et de ses chevaux à sang chaud jusqu'au cheval de trait du Brabant et au cheval flamand, pour n'en citer que quelques-uns.
Dans notre petite Belgique, nous avons tout de même réussi à nous imposer sur la scène internationale en dressage, en saut d'obstacles et en attelage grâce à nos chevaux d'exception et à nos cavaliers et meneurs de haut niveau.
Mais tout commence par l'élevage. Et dans ce domaine, nous avons de l'expérience.
Actuellement, le cheval suisse de race Franches-Montagnes est très apprécié pour sa polyvalence dans toutes les disciplines, son caractère extrêmement calme et sympathique, son intelligence et son élégance.
Le Freiberger est devenu le cheval de loisir par excellence. La demande pour cette race ne cesse d'augmenter d'année en année.
La fédération suisse est pleinement consciente que, grâce à des années de recherche et d'amélioration de la race, elle a mis au point un profil exceptionnel.
C'est pourquoi elle veille scrupuleusement à protéger la race contre toute forme de croisement et à éliminer immédiatement toute anomalie. Les conditions imposées aux étalons agréés sont très strictes afin de préserver leur race.
La demande en chevaux de Freiberg ayant fortement augmenté dans notre région, les éleveurs locaux ont uni leurs forces pour échanger leurs expériences et, en concertation avec la fédération suisse du stud-book, ont égalementcommencé à élever des chevaux de Freiberg ici.
Ces dernières années, nous avons réussi à obtenir un très beau produit. Les jurys suisses viennent chaque année et nos jurys formés en Suisse s'y rendent régulièrement pour se perfectionner et y suivre des stages.
Quelques éleveurs d'étalons belges ont également importé quelques étalons de premier plan de Suisse, et de nombreuses poulinières proviennent également de ce pays.
Les résultats sont là. Grâce à notre expérience en matière d'élevage en Belgique, de plus en plus de magnifiques poulains de race Freiberger voient le jour.
Les Suisses l'ont également constaté et le reconnaissent. Nous sommes sur la bonne voie et suivons strictement les directives du livre généalogique suisse.
Il arrive ainsi que des étalons quittent la Belgique pour retourner en Suisse afin d'y passer la saison de monte, ou que des juments nées en Belgique refassent le chemin vers la Suisse pour y être utilisées à des fins d'élevage.
Nous pouvons à juste titre être fiers de « nos Freibergers » ici.
Tout cela n'est possible que grâce à l'engagement quotidien des éleveurs qui travaillent toute l'année pour proposer une race Freiberger aussi pure que possible.
De plus, le stud-book prendra également des mesures contre les personnes qui souhaitent tout de même faire reproduire des étalons non agréés.
On se demande pourquoi certains étalons ne sont pas approuvés. La sélection est extrêmement stricte et s'ils ne sont pas admis, il y a de nombreuses raisons à cela : la conformation des membres, le dos, le caractère, la hauteur au garrot, une couleur trop prononcée, des maladies héréditaires.
Les poulains issus de ces croisements sont bien classés comme « Freiberger », mais ils ne reçoivent qu'une carte d'identité et non un passeport complet. Ces poulains/chevaux ne pourront jamais être réinscrits au stud-book, pas plus que leurs descendants.
Pourquoi recourir à des étalons non agréés alors qu'il existe un large choix d'étalons de race pure ?
Ces dernières semaines, une véritable polémique fait rage sur les réseaux sociaux en Belgique au sujet de l'élevage avec des étalons ou des juments Freiberger non agréés.
J'aurais aimé profiter de l'occasion pour apporter quelques précisions concernant la réglementation suisse. Je me réfère donc à ma source provenant de la Fédération suisse, datée du 17 décembre 2001
Programme d'élevage
Règlement du Livre généalogique
Règlement relatif à l'approbation des étalons.
Le Livre généalogique comprend deux sections : la section « Race pure » et la section « Croisements ».
La section « Race pure » se subdivise en trois catégories :
A : excellente qualité sur la base de la descendance
B : qualité et possibilités exceptionnelles
C : qualité et fonctionnalités satisfaisantes
2. Catégorie BASE (BAS): elle regroupe les chevaux dont le pourcentage de sang étranger est inférieur à 2 %
Les chevaux nés avant 1950 et leurs ancêtres sont considérés comme ayant « 0 % de sang étranger »
Les chevaux nés après 1950 sont considérés comme des chevaux de sang étranger lorsqu'un de leurs ancêtres était d'une race autre que FM ou d'origine inconnue.
La commission d'élevage est chargée d'en effectuer le calcul.
3. Catégorie Registre (R): il s'agit de tous les chevaux de la section Race pure dont les critères d'admission ne correspondent pas à ceux des catégories Studbook ou Base.
Section des carrefours (CR)
Cette section regroupe les animaux d'autres races qui ont été utilisés pour des croisements avec la race FM. Lorsqu'un croisement résulte d'une décision délibérée de la Fédération, ces chevaux doivent répondre à des exigences minimales bien précises. Là encore, c'est la Commission d'élevage qui établit le règlement applicable.
À la naissance, un poulain reçoit un « certificat d’origine » (CO) ou une simple carte d’identité (CI), selon la subdivision dans laquelle son père et sa mère sont enregistrés au moment de la saillie. Il en résulte le schéma suivant :
Les poulains de la catégorie « Registre » nés après le 1er janvier 2003 ne seront plus évalués sur leur morphologie et leurs allures, mais recevront uniquement un numéro d'identification.
Les étalons :
Un étalon est inscrit dans une classe de la catégorie Stud-book ou Base en fonction de son âge et de ses qualités. Cela signifie qu'il doit répondre aux critères suivants :
-sa filiation
-sa santé
-son style et son allure
- son comportement et ses compétences
Chaque année, les étalons approuvés doivent être présentés à l'approbation pour la saison de monte suivante.
Les étalons qui ne répondent pas aux critères de la catégorie Stud-book ou de la catégorie Base sont automatiquement classés dans la catégorie Registre.
Les juments
L'âge minimum pour l'inscription d'une jument est de 3 ans.
Eux aussi sont évalués selon les trois critères que sont la morphologie et l'allure : type, conformation et mouvement
Les juments doivent mesurer entre 1,50 et 1,60 m au garrot. Cela vaut d'ailleurs pour tous les Freibergers.
Les juments de race pure doivent pouvoir prouver que leur père et leur mère sont bien inscrits dans la section « Race pure ».
Les juments de la catégorie « Registre » nées après le 1er janvier 2003 peuvent participer à l'épreuve sur le terrain, mais ne sont pas évaluées sur leur morphologie et leurs allures.
Les juments sont également réparties en catégories et en classes en fonction de leur origine et de leurs qualités.
Catégorie Stud-book Classe C : leur certificat d’origine doit attester, sur quatre générations, que leurs parents sont inscrits dans la catégorie Stud-book ou Base. Ils doivent obtenir une note moyenne supérieure ou égale à 5 pour le modèle et l’allure, et avoir réussi leur test en terrain tant dans les épreuves de conduite qu’en attelage.
Catégorie Stud-book Classe B: mêmes exigences que pour les juments de classe C. Elles doivent obtenir une note moyenne supérieure ou égale à 6 pour le modèle et les allures, et obtenir également des notes supérieures ou égales à 6 lors de leur test en terrain, sans note inférieure à 5 dans aucune discipline.
Catégorie Stud-book Classe A ( évaluées sur la base de leur descendance) : il s'agit de juments issues des classes B et C qui
- avoir deux descendants directs (jument ou hongre) qui seraient également classés en classe C, ainsi qu'un descendant direct (jument ou hongre) qui est classé en classe B, ou
- un descendant direct étalon de classe C et un descendant direct (jument ou hongre) de classe B ou
- un étalon de race pure de classe B
Catégorie Base : juments de la section Race pure ne présentant pas plus de 2 % de sang étranger. Elles peuvent éventuellement être classées directement dans la catégorie Stud-book si elles remplissent toutes les conditions d'admission.
Catégorie d'enregistrement : juments qui ne remplissent pas l'une des conditions d'admission à la catégorie Stud-book classe C ou qui y sont classées pour des raisons de santé.
Pour conclure :
En Suisse, les animaux qui ne répondent pas aux exigences des catégories Stud-book ou Base et qui se retrouvent donc dans la catégorie Registre reçoivent uniquement une carte d'identité et non un passeport. Ils peuvent seulement porter la mention FM, mais ne sont pas souhaités dans l'élevage.
Tout éleveur est également tenu d'adhérer à une association affiliée au stud-book suisse s'il souhaite obtenir un passeport ou une carte d'identité. Logiquement, un cheval classé « Registre » coûte plus cher qu'un cheval classé « Stud-book » ou « Base ». L'objectif est bien sûr de préserver la pureté de la race.
Chacun choisit ce qu'il souhaite pour sa jument, ce qu'il attend de ses poulains et quels risques il est prêt à prendre en élevant des animaux qui ne sont pas de race pure…
Alors que les juments Freiberger sont progressivement remplacées par des juments de sang chaud et que divers croisements sont effectués, le haras national a encore une alternative en réserve pour la race.
Après plusieurs tentatives de croisements entre des juments Freiberg et le pur-sang arabe Shagya I à la fin des années 40, on a de nouveau fait appel à différents étalons de race.
Le pur-sang arabe Doktryner a été acheté en 1985 au haras polonais de Michalow. Cet étalon a donné naissance à plusieursétalons « DON », notamment Don Pablo, qui est à l'origine d'une nouvelle lignée d'étalons.
Don PabloLes descendants de Doktryner
Aujourd'hui, les descendants de DON FLAMINGO se distinguent par leur excellent caractère et leurs aptitudes tant pour l'équitation que pour l'attelage.
Doktryner ne s'imposera toutefois pas comme un bon reproducteur, car il ne transmettra ni la taille, ni la forme du garrot, ni la beauté de ses allures.
Le temps a toutefois montré que tous ses descendants étaient très appréciés des cavaliers et des meneurs.
Un nouveau problème se pose désormais.
Les juments ont tendance à rester plutôt petites, avoisinant les 1,50 m.
Pour remédier à cela, ils envisagent de construire un nouveau carrefour.
L'objectif est de créer un cheval de plus grande taille, doté d'un garrot adapté à la selle et de mouvements élégants. L'idée de recourir davantage au Fribourgeois dans le sport amateur ne cesse en effet de gagner du terrain.
Plusieurs tentatives sont menées avec des étalons anglo-normands.
Jusqu'aux années 80, on utilisera des étalons de sang chaud pour saillir les juments Freiberg.
C'est d'ailleurs pour cette raison que, ces dernières décennies, on retrouve encore des apports de sang chaud dans les lignées maternellesdes étalons approuvés.
À noter en première ligne : VULCAIN, fils de Va-et-Vient.
2. ALSACIEN, dont nous avons parlé dans un précédent article, est le résultat typique des nombreuses expériences menées à cette époque. Il est issu du croisement entre la jument JAVOTTE (née en 1955) et ALADIN (cheval suédois à sang chaud, né en 1964)
Il a connu une brillante carrière et engendrera plus de 500 poulains jusqu'en 1986, sa dernière année de reproduction.
Nous lui sommes reconnaissants pour pas moins de 22 étalons approuvés et plus de 50 juments d'élite ou classées dans la catégorie A du stud-book, la catégorie la plus élevée. Presque tous ses descendants ont donné satisfaction à leurs propriétaires en tant que chevaux de selle.
La lignée d'Alsacien se perpétue encore aujourd'hui.
Tout d'abord, citons par exemple Lucky Boy, qui produira d'excellents chevaux tant pour l'équitation que pour l'attelage.
Jean Monin, notre fidèle ami de Glovelier, a acheté le descendant de Lorrain, à savoir Libero, qui a donné naissance à d'excellents chevaux de selle. Sa belle robe brun foncé était l'un de ses atouts.
Locarno, quant à lui, a donné naissance à une descendance dotée d'une allure exceptionnelle.
3. La gamme NELSON.
Le père de Nelson est Nello, un cheval suédois à sang chaud .
Le père de Nello était NEPAL, qui était également le père d'ALADIN.
Nello lui-même n'avait que des chevaux de sport de niveau moyen, mais ses allures étaient si belles qu'il tenait la route dans les compétitions de dressage.
La mère de NELSON est haïtienne, fille de la légendaire HEROÏQUE. À l'âge de 19 ans, elle a donné naissance à NELSON en 1975 au haras national. Grâce à son pedigree, Nelson présente une silhouette harmonieuse et une constitution plus robuste.
NelsonLes descendants de Nelson
Nelson donnera naissance à une vingtaine de juments d'élite. Ses descendants mâles ne parviennent pas à susciter l'enthousiasme immédiat des éleveurs. Grâce à Joseph Chêne, de Damvent, sa lignée a tout de même connu le succès avec Neptune (né en 1982), Nolo (né en 1994) et ses fils Nick (né en 1999) et NO LIMIT (né en 2003)
La gamme No-Limit s'est révélée très prometteuse, avec ses motifs blancs discrets.
Après plusieurs croisements avec le cheval de sang chaud suisse qui se sont révélés insatisfaisants, il a été décidé de chercher tout de même un nouveau croisement.
Le Freiberg est aujourd'hui devenu une race polyvalente. Mais si les éleveurs souhaitent le développer pour améliorer ses performances sportives et, par là même, stimuler les ventes de la race, il faudra faire davantage.
Ses allures laissent encore à désirer, tout comme son dos, son manque de souplesse, un galop trop peu sautillé et arrondi, et il présente souvent un garrot trop plat et trop court.
La première étape consiste à prendre contact avec les cavaliers et les meneurs afin de connaître leurs attentes et de mieux comprendre leurs activités.
Il s'ensuit qu'il faut définir un nouvel objectif en matière d'élevage qui réponde aux attentes des « utilisateurs ».
Les éleveurs doivent eux aussi bénéficier d'une formation leur permettant de mieux préparer leurs chevaux et de mieux les commercialiser par la suite.
Tout le monde s'accorde à dire qu'il faut trouver un nouveau carrefour.
Le haras national d'Avenches présente à un moment donné l'étalon NOE.
4. NOE et QUI-SAIT
NOE est un jeune cheval de sang chaud dont la taille, 1,62 m, est trop petite pour qu'il puisse concourir dans la catégorie des chevaux de sang chaud. Il est né à Avenches en 1984 et est issu d'une lignée maternelle qui a déjà fait ses preuves sur le circuit des chevaux de sang chaud.
Son père est en effet l'étalon anglo-normand Natif de Signet, issu de la lignée Ibrahim, et sa mère est Salomé, une fille du Suédois Sirocco.
La commission fédérale avait proposé de castrer Noé à l'âge de deux ans, mais apparemment, les responsables avaient « oublié » de le faire. Était-il prédestiné ???
Noé est un étalon compact, d'une grande élégance, doté de mouvements exceptionnels.
Il a une tête expressive avec un front large, de belles épaules, une poitrine et un dos larges sur lesquels la selle s'ajuste parfaitement, ainsi qu'une belle croupe.
Les éleveurs du Jura ne l'apprécient guère et estiment même que sa morphologie se rapproche trop de celle du Fribourgeois.
Mais le syndicat de Berne voit les choses différemment. Il demande à Avenches s'il peut tester un croisement avec Noé. En effet, il dispose à ce moment-là d'excellentes juments issues de pur-sang Freibergers, et cela pourrait bien fonctionner.
La fédération décide finalement que c'est une excellente idée, mais elle exige contractuellement que seules 20 à 30 juments de première qualité, de robe brune et présentant le moins de marques blanches possible, puissent être utilisées.
Les croisements non autorisés sont interdits et la castration de tous les poulains mâles de qualité inférieure est obligatoire. Le projet s'étendra sur deux ans ; il débutera au printemps 1990 au centre d'étalon de Bütschelegg avec Noé et s'achèvera à la fin de la saison 1991.
Dans le Jura, le choix de l'étalon s'est porté sur QUI-SAIT, né en 1985, un fils de Quai d'Orsay et de Salomé (mère de Noé), mesurant 1,65 m. Ici aussi, le projet a démarré comme dans le canton de Berne et s'est limité aux saisons de monte de 1991 et 1992. Les juments destinées à cet étalon, toutes bures, sont sélectionnées dans le Jura par les juges cantonaux.
Qui-Sait
Résultat ?
En deux ans, 91 poulains sont nés, dont 21 mâles et 23 femelles issus de Noé.
Dès le début, la descendance de Noé s'est caractérisée par un type très proche du Freiberger traditionnel, tandis que les descendants de QUI-SAIT se rapprochent tous davantage du type des chevaux à sang chaud.
En conclusion, parmi les deux fils de Salomé, Noé est celui qui correspond le mieux au type Freiberger.
Mais les atouts de Noé ne se limitent pas à son apparence : il donne sincèrement le meilleur de lui-même en saut d'obstacles, mais c'est surtout en dressage qu'il excelle. Il a un caractère très agréable et un tempérament volontaire. Il a de l'endurance et de la résistance.
Son demi-frère QUI-SAIT n'est pas du même acabit. Il est un peu plus grand et présente les grandes lignes d'un cheval de sang chaud. Lui aussi a une tête expressive et une belle conformation. Il devrait également bien se comporter en compétition, mais il est loin d'avoir le caractère généreux et la volonté de travailler de son frère. QUI-SAIT a hérité de l'élégance de Salomé, mais du côté de son père (lignée Ibrahim), il a hérité de formes quelque peu déséquilibrées.
Les descendants de NoéDescendants de Qui-Sait
Conclusion du projet…
Ce fut un succès. La lignée Noé a donné naissance à 91 poulains, dont 67 atteindront l'âge adulte. Parmi eux, 24 étalons seront élevés pour devenir des étalons reproducteurs.
Trois fils deviendront finalement des étalons approuvés : Nestor, Nico et Nepal
Ce sera la ligne N
Cinq étalons issus de QUI-SAIT seront approuvés : Queens, Quinoa, Quitus, Québec II et Quinto.
Ils formeront désormais la ligne Q
Si l'on dresse le bilan environ 15 ans après le lancement du projet, on constate que la lignée N prédomine. Ce sont tous des chevaux très généreux, de type Freiberger, dociles. Ils sont appréciés tant par les meneurs que par les cavaliers.
La lignée Q ? On lit à son sujet qu'ils se déplacent exceptionnellement bien, mais qu'ils sont souvent assez têtus, sensibles au stress et moins endurants que les autres branches. Tous les étalons de la lignée Q ont quelque peu déçu au niveau de leur descendance.
C'est ici que s'achève mon histoire…
À vous maintenant de vous plonger concrètement dans vos passeports.
Sur le site web de la fédération suisse, vous pouvez désormais consulter les résultats jusqu'à aujourd'hui.
En 1969, le Conseil fédéral de l'agriculture publie un rapport qui fait état de la situation critique du cheval de Freiberg. La race a pratiquement perdu tout son intérêt. Le cheval de trait est de plus en plus souvent remplacé par le tracteur. L'armée réduit ses réserves de chevaux.
L'État prépare donc un projet prévoyant des primes pour préserver la race. Les agriculteurs commencent ainsi à trouver intéressant de garder quelques chevaux pour l'élevage, en plus des bovins qui leur rapportent de toute façon plus que l'élevage de chevaux.
Pourtant, dans les années 60, la vente de chevaux de Freiberg reste difficile et peu rentable. Juste avant et juste après l'hiver, l'offre de chevaux reste supérieure à la demande. Et pendant les autres saisons, les acheteurs ne trouvent pas de chevaux qui leur conviennent.
Cette situation va entraîner une augmentation des importations de chevaux étrangers.
Mais la commission n'est pas du tout satisfaite de cette situation. Il faut donc trouver une solution.
Afin de satisfaire tout le monde, il a été décidé que les propriétaires de chevaux conserveraient leurs meilleurs chevaux et juments, principalement les juments d'élevage, jusqu'à l'âge de 3 ans, puis les prépareraient à l'attelage, ce qui leur permettra de remporter une prime de 500 CHF. Le cheval doit donc, à l'âge de 3 ans, passer seul une petite épreuve d'agilité en attelage simple. Plusieurs centaines de chevaux seront ainsi préparés à cette épreuve année après année. C'est ainsi que la « survie » de la race a été assurée.
Des ventes aux enchères sont organisées afin de stimuler la vente des jeunes chevaux.
Et pour découvrir de nouveaux marchés pour la commercialisation de la Freiberger, ils organisent un rallye. Des voitures partent de Paris, Lyon, Bruxelles, Francfort, Munich et Milan pour rejoindre Neuveville, en Suisse. La Freiberger y démontre son endurance et sa sobriété sur des parcours qui dépassent parfois les 670 km !
C'est ainsi que le Freiberger a été découvert et que divers pays se sont mis à rechercher des Freibergers afin d'alléger leurs propres chevaux de trait.
Les étalons de race Freiberger sont désormais exportés vers différents pays.
Le sport équestre en Suisse n'utilise pas de chevaux de Freiberg et les éleveurs suisses de chevaux à sang chaud ne parviennent pas à produire la qualité nécessaire avec leur propre race pour être compétitifs en compétition ; ils sont donc contraints d'importer. C'est pour aider ce groupe de personnes que des chevaux étrangers sont importés. On privilégie les « chevaux de selle » étrangers, provenant principalement des pays voisins, la France et l'Allemagne.
En s'appuyant sur des chevaux américains et anglais, l'Allemagne a mis au point une excellente race de chevaux à sang chaud.
Il faudra encore des dizaines d'années avant que les éleveurs de chevaux de Freiberg se laissent convaincre que les sports équestres, c'est-à-dire les chevaux de selle et l'attelage, vont jouer un rôle important en tant qu'activité de loisirs, en tant que passe-temps, et non plus seulement en tant qu'outils de travail.
Pour cela, il faut rechercher un cheval plus léger et doté de beaux mouvements.
Le haras va commencer à testerdes « croisements d'amélioration» entre des étalons anglo-normands et des arabes.
En 1970, un rapport de la Confédération indique que celle-ci cherche à développer une race de chevaux pouvant être utilisés à des fins économiques – c'est-à-dire pour le commerce – tout en pouvant également servir de chevaux de trait légers.
Les juments Freiberger sont ainsi remplacées par des juments de sang chaud, et certaines juments Freiberger feront la connaissance des étalons arabes (Shagya I puis Shagya II).
Le pur-sang arabeDOCKTRYNER, acheté en 1958 dans un haras polonais, donnera plus tard naissance à la lignée Don . Nous en dirons plus à ce sujet demain.
Au haras national, on teste un nouveau croisement :
Le résultat, c'est le puissant……
ALSACIEN, un élégant étalon alezan, fils du cheval suédois à sang chaud Aladin et de Javotte, la légendaire fille de JURASSIEN. Il est à l'origine de la lignée L.
AlsacienDescendants alsaciens
Ce tableau de sa descendance met en évidence les trois branches qui revêtent encore aujourd'hui une grande importance :
La gamme LOCARNO
La gamme LOYAL II
La gamme LORRAIN
Rappelons au passage que le père du cheval suédois à sang chaud Aladin est NEPAL, qui sera également le père du cheval suédois à sang chaud NELLO, dont nous parlerons plus en détail dans l'une des familles que nous aborderons prochainement.
L'influence de l'étalon Alsacien sonne immédiatement le glas du cheval de Freiberg des années 50 et en fait ainsi le prototype du cheval de loisir.
Tout cela ne s'est certainement pas fait sans heurts, car il y a toujours des partisans et des détracteurs. Force est de constater que le Freiberger traditionnel, élevé principalement pour les travaux agricoles, devra de plus en plus céder la place à ce nouveau type plus léger.
Demain, nous poursuivrons notre exploration de la ligne du Don !